Emploi, Recrutement et Actualité de l'économie sociale

"Donnons du sens à nos emplois !"

Coopératives et syndicats ont en partie émergé du même ferment associationniste du milieu du 19ème siècle, période durant laquelle de nombreux groupements de personnes se constituaient dans un contexte d’exode rural, d’anomie urbaine et sur les ruines des corporatismes de l’Ancien Régime. Ces groupements de personnes s’appuyaient sur un mouvement social nécessaire pour peser face aux interdictions, par la Loi Le Chapelier du 17 juin 1791, de constituer des corps intermédiaires .

Cependant, leurs trajectoires ont divergé. Les syndicats ont plutôt adhéré à un socialisme critique vis-à-vis des coopératives, tandis que les coopératives critiquaient l’idée de lutte des classes. Au final, les interactions ont été faibles tout au long du 20ème siècle. Aujourd’hui encore, lorsque Fagor du complexe coopératif de Mondragon a racheté Brandt, on a pu mesurer l’écart entre les conceptions coopérativistes et syndicalistes.

Néanmoins, on observe depuis une dizaine d’années un rapprochement entre coopératives et syndicats. Plus précisément, les coopératives ont initié le rassemblement avec les mutuelles et les associations gestionnaires dans les années 1970 sous la bannière de l’économie sociale, notamment pour défendre leurs statuts dans un contexte d’harmonisation des droits nationaux dans le marché unique européen. Ainsi, les syndicats de salariés constituent des groupes de travail économie sociale. A l’inverse, les employeurs de l’économie sociale n’ont pas obtenu de reconnaissance dans les syndicats patronaux et ils ont constitué leurs propres syndicats, réunis pour les élections Prudhommales de décembre 2008 en Association des Employeurs de l’Economie Sociale (AEES). Actuellement, on peut suivre les activités des syndicats de salariés à la CGT, à FO, ou encore au syndicat SUD qui s’est mis en place au Crédit Coopératif pour défendre les valeurs de la banque dans un contexte de concentration bancaire, tandis que la Société d’investissement France Active compte à son conseil d’administration des représentants de la CGT et de la CFDT. Ajoutons encore que la Cress Aquitaine réunit des syndicats employeurs et salariés dans un groupe de travail Dialogue Social.

Dans le contexte de libéralisation, les syndicats et les entreprises d’économie sociale semblent donc avoir intérêt à faire cause commune. A-t-on là un allié plus pertinent pour les entreprises d’économie sociale que ne le sont les pouvoirs publics, dont la logique verticale, même dans les services décentralisés, semble peu compatible avec une exigence de réciprocité ? Et cela quand bien même redistribution et réciprocité constituent en théorie un pôle de la solidarité face à l’individualisme de l’économie de marché.

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