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Au risque d’être étonnés, parions sur la réciprocité !

Un mois de l’ESS, des communautés éducatives, des territoires, le 16eme Mondial des Métiers, etc....

Mots clés :

mercredi 2 novembre 2011

Où du « Contrat de génération » gratouille maladroitement où ça démange.

La relève dans le système de production des biens comme des services et donc le financement des retraites implique nécessairement les jeunes actuellement sur le seuil de l’emploi. L’idée d’une cohabitation des seniors et des juniors au sein des entreprises serait une pratique sociale soutenable si en dehors de l’emploi, dans la vie sociale commune celle-ci fut banale. En France elle balbutie. En 2003 à Angers avec l’association Accordages, j’ai eu le bonheur de participer au premier Colloque « L’intergénération en marche » en compagnie déjà de nos cousins québécois que nous retrouverons plus loin dans ce topo. En 2003 à Angers, un Espace Welcome permettait la rencontre de seniors bénévoles (bénévoles, volontaires, indemnisés ou pas ?) avec les ados et jeunes adultes (collégiens, lycéens, apprentis, étudiants) souhaitant partager leurs expérience de vie. En 2004, à l’invitation du sociologue Jean-Pierre Boutinet j’apportais ma contribution aux Journées d’études de l’Université Catholique de l’Ouest (toujours à Angers) dont le thème était « Les jeunes face à la mobilité et à leur attachement territorial : apprentissage ou accompagnement ? ». La question de la coopération intergénérationnelle s’adressait déjà à l’ensemble de la société française, européenne et du monde industrialisé qui ne connaît que la division sociale et technique du travail pour y trouver ses gains de productivité, autant dire que les dégâts collatéraux sont considérables pour le lien social, particulièrement pour les échanges de savoirs informels.

EGESS, Dialogues en humanité, glanages suites...

Après les Dialogues en humanité de juillet dernier à Lyon , en Rhône-Alpes comme en d’autres Régions, le Mois de l’ESS fait vitrine. Vingt événements annoncés pour les 8 départements, le 21 éme événement, hors-champ, nous incombe. S’assurer que quelques traces subsisteront par et pour les "juniors" pour éclairer la route qui conduit au 16éme Mondial des Métiers à Lyon Eurexpo en début février 2012. [1] L’OUvroir de CItoyennetés POtentielles ( L’OUCIPO - facilitateur de réciprocité), invite les collégiens,les lycéens, les apprentis,les étudiants à auto documenter avec la clé USB "L’ESS K(s)" (l’esquisse) leurs acquis de l’expérience sociale de ce mois de novembre 2011. Mois de novembre qui recèle outre le Mois de l’ESS, La Semaine de la solidarité internationale, les 22 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, la Semaine des Cafés citoyens (3éme édition à l’initiative de la Nouvelle Arcadie). Multiples opportunités d’éclairages sur l’économie plurielle des territoires, sur les solidarités, d’expérimentation des réciprocités d’échanges de savoirs jeunes-adultes. En Rhône-Alpes cette animation documentée des territoires à notre initiative prend appui sur les Contrats de Développement Durable Rhône-Alpes (CDDRA) et les Contrats Territoriaux Emploi Formation (CTEF). Ainsi ce mois vaut test pour évaluer l’accueil et l’accompagnement territorialisés des jeunes (collégiens, lycéens, apprentis, étudiants) mis en œuvre par ces territoires de projet.

Savoir donner - savoir recevoir.

Savoir donner, comme savoir recevoir s’accommode mal d’un amateurisme béat, arts difficiles et incertains qui cependant s’imposent au quotidien, pour s’assurer d’être encore un peu en humanité. Le récent ouvrage collectif franco-québécois " Parier sur la réciprocité. Vivre la solidarité" [2] explore cette problématique avec minutie.

Quand « Dis-moi dix mots qui te racontent » met de l’huile dans le dialogue social, ouvre le débat.

Quand la Délégation générale à la langue française (DGLF) propose les « Dix mots » (édition 2011 2012) www.dismoidixmots.culture.fr , certains territoires trouvent là un superbe outil de remédiation qui relie des acteurs du développement local dans une gratuité productive de gains relationnels étonnants. « Dis-moi dix mots qui te racontent  » déclinable à l’infini suivant les audaces et les réserves en qui te racontent, ton quartier, ton usine, tes espoirs, ton choix de métier, tes engagements, tes amours, tes talents, tes héros… Dis-moi dix mots qui te racontent le Mois de l’ESS, ses effets-mères et ses gains collatéraux. Modélisation transférable en tous lieux coopératifs. Avec le matériel fourni par la DGLF dont plusieurs expositions légères de présentation des « Dix mots » pour le Sud Drôme-Haut Vaucluse- pour une remédiation entre plusieurs Communautés de communes. L’OUCIPO avec les « Dix mots », âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports, stimule les coopérations interterritoriales trop rarement culturelles et coéducatives (transverses). Dix mots issus de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, qui accessoirement nous font la courte échelle pour revisiter au grenier des mémoires « Du contrat social ». [3]

"On m’a imputé de vouloir être original et faire autrement que les autres."

Jean-Jacques Rousseau. Les confessions.

Ou de l’huile sur le feu du défi des deux sources du sens.

« Il résulte des observations d’un philosophe québécois, Charles Taylor, et d’un sociologue européen Norbert Elias que, dans l’état actuel des cultures du monde, il y a cohabitation de deux sources du sens ; la source que des humains affirment recevoir par des chemins surnaturels ; et, par ailleurs la source que des humains affirment pouvoir construire eux-mêmes ». [4] Cet extrait - p.170 de la contribution de Marc Héber-Suffrin à l’ouvrage collectif « Parier sur la réciprocité. Vivre la solidarité » - suggère l’enjeu de laïcité dans le débat démocratique du développement et la difficulté d’argumentation produisant autre chose que de la réciprocité négative entre croyants et incroyants, le tableau manichéen néfaste qui neutraliserait les acteurs et d’une façon certaine l’action commune avec un jeu sans fin des boucs émissaires dont la liste épuise l’humanité depuis des siècles. La part des dieux et la part des hommes … Un défi, s’imputer à soi-même (individu et/ou collectif) sa part dans le bien commun construit ou à construire, le refus du fatalisme et de la neutralité morale.

Produire du sens : du despotisme clignotant des RDV disjoints au processus autogéré d’information, d’orientation et de formation tout au long de la vie.

 [5]

Pour avoir reçu une vaccination précoce contre les énigmes - celle de l’archéologie amateur dans mon adolescence charentaise - les morceaux épars, disloqués, ne suffisent pas à arrêter mes investigations d’adulte vieillissant. Ainsi des bribes de patrimoine, des réalisations locales, proches ou lointaines, trouveraient-elles sens dans la gigantesque mosaïque des savoirs avec comme lien / liant la commune humanité des savoirs et d’interlocuteurs rencontrés, des vivants et des morts, ici et là. Le regain d’intérêt pour le passé proche ou plus lointain de nos contemporains signe d’une quête du sens et invite à une recomposition des parcours de vie quand quatre générations coexistent dans nos sociétés "développés". Les TIC / TICE, la scénographie documentaire et la muséographie déployées en Régions pour étoffer l’attractivité touristique, rencontrent et complètent le rôle des médias et de l’école. Un foisonnement qui fait dire à Valère Novarina "Il y a trop de tout", problématique indissociable d’un choix, L’OUCIPO propose à tous et aux " juniors" en particulier de faire le choix de l’auto documentation au sein de ce foisonnement. Au théâtre des idées en Avignon, le 13 juillet 2011 Peut-on réinventer l’école ?  [6] Marcel Gauchet débattait avec Philippe Meirieu. Ce dernier pointait la tentation des jeunes difficiles en classe, d’imputer à autrui tous leurs malheurs. Reproduction probable de comportements « adultes » identifiables dans leur entourage, pas seulement familial. En cela Philippe Meirieu suggérait l’invitation à éclairer les chaînes causales des événements, la nécessité d’en construire le sens qui n’est pas donné - latent à écrire - quand le fatalisme ne nous tétanise pas complètement.

Pourquoi et comment l’ESS joue sa fonction de facilitatrice entre les acteurs et les territoires.

La question de l’information, de l’orientation et de la formation tout au long de la vie, vue avec les lunettes de l’économie sociale et solidaire, ouvre sur des réciprocités et des solidarités qu’un ardèchois sort de la bogue de ses châtaignes avec talents. Ma pensée va vers la SCOP Ardelaine qui trouve sens et pérennité par son enracinement territorial, sa forme coopérative et les solidarités qui régulent sa croissance limitée par des transferts vers le développement local. Les SCOP du Réseau le MAT auquel participe Ardelaine met en œuvre une préformation à la vie professionnelle en SCOP qui privilégie comme préalable la culture d’entreprise spécifique au Société Coopérative Ouvrières de Production avant la spécialisation professionnelle au sein de celles-ci. Par cette pratique sociale les nouveaux venus en SCOP découvre combien la structure produit du sens à la vie professionnelle et à contrario combien la banalisation des formes juridiques des entreprises dans les Forums des Métiers et de l’Emploi est néfaste au choix autant qu’au réenchantement de l’emploi ( sinon du rêve). L’ESS qui embrasse les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations - un éclectisme qui mérite également une visite critique - donne à lire une économie plurielle qui n’est pas la tasse de thé de toutes les organisations d’employeurs. [7]

Déjà amorcé le cycle des Forums de l’Emploi, des Forums des Métiers et des Formations et en Rhône-Alpes le 16 éme Mondial des Métiers qui se tiendra à Lyon Eurexpo en février 2012. Suivi par l’Agence du Service Civique que préside Martin Hirsch, que nous avions rencontré le 17 octobre 2008 aux 2éme Assises Nationales de la Jeunesse au Conseil Économique Social et Environnemental, l’expérimentation d’auto documentation territorialisée par les "juniors" avec la clé USB " L’ESS K(s)" (l’esquisse) impose sa pertinence et L’OUCIPO sollicite l’attention et le soutien du Conseil Économique Social et Environnemental Régional Rhône-Alpes présidé par M. Bruno Lacroix. L’introduction maladroite par François Hollande du "Contrat de génération" comme proposition pour les présidentielles de 2012 ouvre quelques perspectives pour notre expérimentation qui impute une part heuristique à l’éducation populaire, à l’ESS et globalement à la société civile. Imputation qui remet en lumière l’invitation "L’école doit cesser de porter les lâchetés du reste de la société", [8] L’école produit et transmet des savoirs qui sont sa compétence, quant aux comportements plus ou moins heureux ils sont conformés par le reste de la société et ils percolent. La réciprocité positive école / société s’impose comme un chantier prioritaire et l’ESS peut y tenir un rôle remédiateur. En cela les propositions minimalistes des partis politiques pour conforter l’ESS ne sont pas à la hauteur des enjeux sociétaux.

Rompre avec les réciprocités négatives.

Les jeunes peu enclin à « se mettre au travail » , les seniors du baby boom nantis, un jeu de miroir maléfique qu’il conviendrait de briser en y expérimentant des changements de postures ( et de point de vue / anamorphose) comme le fit Louis Schweitzer quand des « juniors » furent un temps formateurs en TIC pour des « seniors » cadre chez Renault.

Élections 2012 : l’ESS vue par des partis politiques.

Six partis politiques - pour le Chorum des Initiatives pour le Développement de l’Économie Sociale (CIDES) ont répondu aux questions sur leurs propositions et engagements sur l’économie sociale et solidaire en cas de participation au gouvernement en 2012 (malheureusement, n’ont pu être joints les représentants de l’UMP). [9]. Les postures, politiques et pratiques d’acteurs, pour le diagnostic de terrain impliquent les collectivités territoriales (François Longérinas Parti de Gauche (Front de Gauche) et Sylvie Mayer Parti communiste Front de Gauche). Le développement des Chambres Régionales de l’Économie Sociale et Solidaire est envisagé comme levier sous contrôle des autres Chambres consulaires (Francis Vercamer Nouveau Centre ). Seule Sylvie Meyer esquisse la problématique d’une culture générale commune sans remettre en cause l’exception française du Ministère de la culture et de la Communication (MCC) qui fait écran à une culture de l’économie plurielle. " La mise en culture des territoires" [10] mobilise et met à mal les postures sectorielles et corporatistes qui s’avèrent intenables et en un certain sens mortifères. Les risques psycho-sociaux maintenant généralisés confirment un effet de structure pour l’ensemble de l’emploi salarié malade d’un déficit de sens et d’un productivisme qui augure mal d’une inventivité qui servirait des solidarités ouvertes. Avec "L’Appel des Appels", se dessine une coopération des acteurs culturels avec les enseignants maintenant attentifs à la menace commune de précarité qui les relie autant à l’éducation, qu’à la santé, qu’à la recherche et à l’économie générale des territoires avec la formation tout au long de la vie et la problématique du désinvestissement du travail esquissée par Joffre Dumazedier avec "Vers une civilisation du loisir" Seuil 1962. Un demi siècle depuis qui conduit au prima de la consommation au mépris des conditions sociales et environnementales de production, ici comme ailleurs.

La place de la Culture dans l’Économie Sociale et Solidaire

Par cet énoncé, la proposition d’un atelier durant le Mois de l’ESS à Valence. questionne non pas la place de l’ESS dans la culture (avec un petit "c") dans les savoirs partagés) mais celle des acteurs culturels impliqués dans l’action, les productions et les services culturels. L’identification des emplois culturels et les niches potentielles pour l’avenir s’en trouveraient-ils éclairés, la culture dans sa définition anthropologique en demeure pas moins mutilée. La culture et son rôle dans les sociétés incluent les échanges informels et non-marchands qui produisent du sens dans l’intime autant que dans le social . S’il convient- en France avec son exceptionnel Ministère de la Culture et de la Communication - de ménager celles et ceux qui en vivent, en vivront, cette réduction ne satisfait pas. Les pratiques culturelles de l’éducation populaire, des Universités populaires et des réseaux d’échanges réciproques de savoirs, ne demandant pas de subventions "culturelles" s’affirment autrement comme des lieux émancipateurs, singuliers d’élaboration du bien commun. L’ESS - pensée autrement que supplétive d’une économie en déroute - dispense une culture qui n’a pas pour seul périmètre celui que le MCC lui reconnaîtrait pour ses bons services.

ATTENTION CHANTIER !

Vient de paraitre : "L’économie sociale et solidaire : une réponse à la crise ? Capitalisme, territoires et démocratie". Jean-François Draperie .

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